Avocats, notaires : la solitude lors de la crise Covid-19, 2 témoignages d'associés

Par Franck Simon, le .

Nous avons très souvent l’occasion au cabinet d’échanger avec nos clients sur la solitude du dirigeant. Mais qu’en est-il pour eux en cette période inédite ? Pour le savoir, nous sommes allés interroger 2 de nos clients qui ont gentiment accepté de jouer au jeu des questions/réponse. Lisa*, associée d’un cabinet d’avocat et Michèle*, dirigeante d’un office notarial (prénoms d’emprunt). 2 réalités vécues différemment, regards croisés.

Avocats, notaires : la solitude lors de la crise Covid-19, 2 témoignages d'associés

Comment jugez-vous la situation pour votre structure et pour vous ?

Lisa et Michèle partagent les mêmes mots : «  inquiétude, angoisse »pour caractériser la période, mais cela concerne davantage la structure qu’elles dirigent, l’avenir de leurs collaborateurs qu’elles-mêmes où là, le constat est tout autre, où elles parlent davantage de temps pour soi, de temps pour mieux travailler (en télétravail notamment ). C’est peut-être une « bonne leçon de vie » lance Michèle.

À titre individuel, comment la vivez-vous ?

Michèle a décidé de mettre ce temps à profit pour elle ! Travailler différemment et aussi  ne pas travailler, « vaste programme pour un dirigeant d’entreprise » qui a tendance parfois, dit-elle, à s’oublier un peu. « C’est aussi l’opportunité de consacrer du temps à ceux que j’aime ».

Même tonalité chez Lisa qui s’impose un rythme de travail à domicile mais qui, elle aussi, redécouvre un nouvel équilibre de vie. « Et puis, je travaille moins mais finalement mieux car je suis beaucoup moins interrompue, j’ai plus de temps pour réfléchir et approfondir mes recherches juridiques ! »

En cette période inédite, comment gérez-vous la fameuse solitude du dirigeant ?

Michèle nous dit être passée, face à cette situation inconnue, par différents stades : « J’ai commencé par me mettre un peu à l’écart pour faire le point, pour réfléchir. Puis on s’active, on essaie de combler parfois pour se sentir utile. C’est l’ascenseur émotionnel !». Heureusement, elle se trouve bien entourée, « mes proches m’ont rassurée ».

Lisa, elle, échange avec ses associés pour la conduite du cabinet. Plutôt par mail que par téléphone pour ne pas « en rajouter une couche » précise t-elle. « Je ne veux pas rajouter du stress au stress ». Ils ont ainsi décidé de baisser leur rémunération pour alléger les tensions de trésorerie.

Comment vous projetez vous sur la reprise ?

Lisa a encore des difficultés à répondre à cette question « c’est encore trop tôt ». Elle est davantage concentrée sur le présent, l’organisation, décaler les rendez-vous, répondre aux craintes des clients…

Michèle y voit un challenge ! « Il va falloir tout recommencer ou presque, l’imprévu fait partie du jeu (même si parfois on s’en passerait bien ! ) » . Elle complète son propos « le goût du risque est, je pense, aussi une des caractéristiques, un des traits de caractère du dirigeant d’entreprise ».

Qu’auriez-vous envie de faire de différent après cette crise inédite pour vous et vos équipes ?

Lisa répond sans hésiter qu’elle envisage d’introduire durablement une part de télétravail dans sa future organisation. Pour ses équipes, sa préoccupation est de « faire repartir la sauce ». Comment remotiver le collectif, gérer aussi les cas de collaborateurs dont l’attitude pendant ce confinement n’a pas toujours été exemplaire… Autant d’interrogations qui s’ajoutent à celle de l’état de la trésorerie du cabinet au sortir de cette crise. Elle ajoute un dernier point : « poursuivre notre réflexion et nos actions sur notre fonctionnement et notre architecture informatique » pour mieux gérer, demain, le travail à distance, si besoin.

 Michèle s’interroge puis déroule « De différent… je ne sais pas… mais leur dire encore plus qu’avant Merci ! Merci d’être là, d’avoir géré l’inconnu, d’avoir continué à travailler dans des situations plus qu’inconfortables (réseau internet insatisfaisant, crainte des clients, pression de certains pour signer…). Sans une équipe comme la mienne, la crise serait sans doute plus douloureuse. »

 

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